Avis de decès

LOUIS ALLAIRE (June 24, 2018)

Je viens d’apprendre par le Docteur Jean Benoist, que notre collègue Louis Allaire est décédé le 24 juin 2018 à Vancouver au terme d’une longue bataille contre de multiples cancers. J’avais
rencontré Louis quand il était étudiant et résident au Centre de recherches caraïbes de l’Université de Montréal, à Fonds Saint Jacques à la Martinique. II était venu effectuer des fouilles pour son doctorat que dirigeait Irving Rouse. M. B. MacKusick avec sa thèse, Distribution of ceramic styles in the Lesser Antilles, West Indies, soutenue à Yale en 1960, avait marqué la naissance d’une archéologie scientifique aux Petites Antilles. Je l’avais suivi avec ma thèse Contribution à l’étude de la préhistoire des Petites Antilles, soutenue en Sorbonne en 1975. Puis Louis avait soutenu la sienne en 1977, « Late prehistory in Martinique and the Island Caribs: Problems in ethnic identification », à Yale sous la direction de Irving Rouse. Après les pionniers que nous étions d’innombrables travaux sont venus compléter, prolonger et même s’opposer aux nôtres.

Pendant des années Louis avait participé aux congrès de l’AIACA. Il y présentait toujours des communications intéressantes qui ont suscité quelquefois de vifs débats avec Rouse ou les Bullen. La justesse de ses conclusions sur les horizons tardifs du saladoïde a mis des années à s’imposer. Louis un peu lassé, désabusé de n’avoir peutêtre pas eu toute la reconnaissance qu’il méritait, avait vendu sa bibliothèque quand il avait pris sa retraite. Il m’avait avoué avoir commis une erreur. Il ne pouvait plus rien produire aucun article faute de documentation. Louis était un homme délicat, cultivé, aimable, un fou d’opéra. Un soir, passablement fatigués par une dure journée passée avec des amis, mon épouse Marie et moi l’avions ramené du Diamant à Balata où nous résidions. Il était si terrorisé par ma conduite sportive au volant de ma Fiat modèle modifié qu’il nous avait chanté l’intégralité de Carmen.

J’étais resté en contact avec lui. Je lui faisais part de mes dernières hypothèses de recherches.
Je lui dois la préface de mon livre archéologie des Petites Antilles paru en 2015. C’est sa
dernière publication. Il répondait toujours à mes courriels, s’efforçant de minimiser le mal qui
le rongeait. Je l’incitais à écrire, à transcrire ses souvenirs, à garder le moral malgré ses
problèmes de santé qui le préoccupaient.

Avec la disparition de Louis, l’un des derniers pionniers en matière d’archéologie des Petites Antilles, c’est toute une période formative de l’archéologie des Petites Antilles débutée avec le Père Pinchon et Jacques Petitjean Roget en 1961 à l’occasion du 1er Congrès International d’Etudes des Civilisations Précolombiennes des Petites Antilles, qui s’est achevée. Le nom Louis Allaire ne doit pas être qu’un nom de plus au bas de nombreux articles. Louis bon voyage dans le monde inversé que tu as rejoint, tu trouveras du ouicou au lieu de bon vin, mange quelques bons captifs et profite bien de la vie éternelle.

Bernard Petitjean Roget

Bernard Petitjean Roget un béké atypique. 2 avril 1946 – 16 février 2014Bernard Petitjean Roget est né le 2 avril 1946 à Idar Oberstein en Allemagne dans la Zone occupée française que commandait son père. Il a fait des études d’Economie et de sociologie et obtenu un doctorat en macro économie. Il avait une passion pour l’histoire économique. Pendant quelques années il a enseigné les Sciences Economiques à l’Institut Vizioz en Martinique. Sur le plan de ses contributions à l’histoire économique de la Martinique, on retient sa passion pour l’histoire de la canne à sucre et l’histoire des usines centrales.

L’intérêt qu’il portait à la période des grandes unités sucrières l’a amené à récupérer et sauver quelques rares archives d’usines. Economiste visionnaire, il avait réussi à mettre en œuvre son idée principale avec la création du groupe industriel Biométal, une filière de production locale de tôles et de tréfilage. Il a été membre et président de plusieurs institutions économiques et sociales, conseiller du Commerce extérieur de la France, Président des PMI de la Martinique.

Parallèlement à ses activités industrielles, Bernard Petitjean Roget s’est aussi intéressé à l’agriculture et à la chimie de transformation de produits agricoles. Jusqu’il y a peu, il travaillait en liaison avec des chercheurs étrangers à un projet révolutionnaire de transformation de résidus de la canne. Bien avant que n’éclate le scandale de la chloredecone, Bernard Petitjean Roget avait attiré l’attention des pouvoirs publics sur les dangers et les risques sanitaires pour la population de la Martinique d’un produit largement utilisé à l’époque dans la production bananière. Toujours passionné par l’approche économique, il avait démonté les mécanismes de la conquête japonaise pour les zones de pêche dans la Caraïbe et exposé les méthodes employées auprès des gouvernements des Etats de la Caraïbes pour s’assurer leurs voix en faveur de la reprise de la pêche à la baleine.

Passionné par l’archéologie de la Caraïbe, il était l’un des membres les plus anciens de l’Association Internationale d’Archéologie de la Caraïbe. Il avait été le trésorier et un mécène pour l’association qu’il avait toujours encouragé tant que ses fonctions à la tête du groupe industriel qu’il avait fondé l’avaient permis. Bernard Petitjean Roget était un homme de convictions et de cœur. Ses prises de position d’homme de gauche résolument engagé pour la promotion de l’identité et du développement de la Martinique, contre le système de l’importation systématique au détriment de la production locale, lui ont valu se sévères inimitiés. Il a lourdement eu à en subir les conséquences jusqu’à un non lieu et un acquittement referme tous les dossiers. Un vrai gâchis.

Bernard Petitjean Roget, était un homme d’engagement, un être généreux dont le principal tord est d’avoir été d’un autre temps, celui de l’honneur, de la morale de la parole donnée et de la recherche de la vérité. Ses enfants Séverine et Cédric peuvent être fiers de lui.

H. Petitjean Roget

Peter O’Brien Harris
Nous avons le regret de vous annoncer que la famille de l’Université de Trinidad et Tobago (UTT) et de l’AIAC a perdu un autre membre en la personne de Peter O’Brien Harris, Membre éminent de l’Academie des Arts des Lettres, de la Culture et des Affaires publiques de l’UTT. Peter est décédé le samedi 18 mai 2013.En 1971 ingénieur des Pétroles auprès d’une grande compagnie d’exploitation pétrolire de Trinidad, Peter Harris s’est passionné très tôt pour la préhistoire de l’île. Il avait présenté sa première communication archéologique au plan international, Preliminary Report on Banwari Trace, Trinidad, à l’occasion du Quatrième Congrès International d’Etudes des Cultures Précolombiennes des Petites Antilles (renommé plus tard l’AIAC) qui s’était tenu à Sainte Lucie en juillet 1971. Peter n’a jamais manqué un seul congrès de l’Association Internationale d’Archéologie de la Caraïbe jusqu’à ce que sa santé ne le lui permette plus. Son amour pour l’archéologie Caribéènne la volonté de précision qu’animait l’ingénieur qu’il était l’a poussé sur le tard à entreprendre des études universitaires en anthropologie et archéologie. Il avait obtenu un Master’s de l’Université de Floride à Gainesville. Il a été l’un des contributeurs les plus importants pour le développement de l’archéologie de Trinidad et Tobago. Quand il était à l’Université de T et T, Peter Harris a été le fer de lance de plusieurs projets fondamentaux. Il avait très récemment encore mis toute son expertise archéologique au service de la détermination de l’origine d’ossements découverts durant la restauration de la Maison Rouge à Port of Spain.

Peter nous manquera beaucoup a l’AIAC, et nous adressons nos plus vives condoléances à son épouse Patricia et à sa famille.

  • Robert Devaux
    Robert Devaux, détenteur de l’Ordre du British Empire, l’un de premiers membres de l’AICA, nous a quitté le 16 avril 2013. Robert était né à Sainte Lucie en 1934. Il a consacré sa vie entière à l’histoire, à l’écologie, à l’étude des paysages et à la culture de l’île. Il a publié plusieurs livres dont les  » Sites historiques de Sainte Lucie « , et en collaboration avec Jollen Harmsen et Guy Ellis, l’ouvrage récemment publié,  » Une histoire de Sainte Lucie « . Robert a fondé en 1961, le Centre de Recherches de Sainte Lucie. Il a été l’un des membres fondateurs du St. Lucia National Trust dont il a été le directeur de 1977 à 1994. Il a eu l’honneur de recevoir une bourse de la fondation Paul Harris et la décoration de la M et C Fine Arts, aussi comme reconnaissance de son entrée au Panthéon des grands acteurs en faveur du tourisme. Robert recevait toujours avec chaleur et cordialité tous ceux qui lui rendaient visite. Nous adressons nos plus vives condoléances à son épouse Pam et à sa famille.
  • Peter Drewett
    The sad news has reached us that Peter Drewett died on 1st April, 2013. Peter is known to IACA for his work in Barbados, Tortola and the Cayman Islands. He was Head of the Prehistory Department and Fieldwork Tutor at the Institute of Archaeology, University College London, before becoming Professor of Archaeology at Sussex University. His work in Barbados (a joint Institute of Archaeology – Barbados Museum project) began in 1984, and included numerous sites, in particular Chancery Lane, Hillcrest, Silver Sands and Heywoods/Port St. Charles. A 25th anniversary celebration was held at the Barbados Museum in 2009. The Tortola excavations lasted from 1994 to 2004. Peter’s record of publication was exemplary.
    In all his Caribbean digs he worked in partnership with his wife Lys, project artist and illustrator, and sometimes with his sons Abel and Dan as well. Our sympathy goes to all of the family.Chers membres de l’IACA:
    Je viens d’apprendre avec beaucoup de tristesse la disparition de notre collègue Peter Drewett. Bien qu’il ait rejoint l’AIAC/IACA que tardivement, Peter a été l’un des meilleurs contributeurs à l ‘archéologie de la Barbade. En ce qui concerne le passé précolombien et colonial de cette île les travaux de Peter et de ses étudiants resteront des publications de référence. Peter quoique réservé, comme savant l’être tous les britanniques, savait s’amuser une fois le travail achevé. A sa femme, à sa famille je transmets mes condoléances les plus sincères.
    Dr. H. Petitjean Roget